Connexions et réseaux rhétoriques au XIXe siècle

Jacques-Philippe Saint-Gérand

Figurent ci-dessous quelques noms d'auteurs et de pédagogues, ainsi que quelques programmes d'études, permettant de se faire une idée du réseau des influences et des tenants et aboutissants de l'univers rhétorique, en une période où celui-ci connaît simultanément son apogée et son irrémédiable déclin.


AMPÈRE, Jean-Jacques-Antoine : Écrivain, historien, historien de la littérature et de la langue, fils du physicien André-Marie Ampère, né à Lyon le 12 août 1800 et mort à Pau le 27 mars 1864. Prix de philosophie au concours général en 1816, J.-J. Ampère se révéla un grand admirateur de Senancour, de Byron, et, dès 1820, se découvrit une platonique passion pour Mme Récamier, qui ne s'altéra qu'avec l'éveil d'une seconde passion, plus puissante encore : celle de l'histoire. Des voyages en Italie (1823), en Allemagne (1826), et les rencontres de Goethe, Schlegel, des frères Jacob et Wilhelm Grimm renforcèrent cet intérêt dévorant en incitant le jeune homme à s'attacher particulièrement aux questions de la toute jeune mythologie comparée. De retour en France, en novembre 1827, J.-J. Ampère développa ses recherches ; en 1830, il enseignait l'histoire de la poésie scandinave à l'Athénée de Marseille avec un succès tel qu'il fut appelé à succéder à Claude Fauriel, en Sorbonne, dans la chaire d'histoire de la littérature étrangère, ce qui lui valut, de la part d'Edgar Quinet, le surnom de Fauriel II. Suppléant de Villemain, J.-J. Ampère fut aussi Maître de conférences à l'École normale de 1830 à 1834, tout en succédant à François Andrieux, à partir de 1833, dans la chaire de Littérature du Collège de France, qu'il occupa jusqu'en 1864, quoique le climat intellectuel et politique du second Empire lui parût à tous égards délétère et lui fût difficilement supportable. Le jeudi 22 avril 1847, il succéda au baron Alexandre Guiraud au 37e fauteuil de l'Académie française, à l'issue d'un vote qui trancha le différend opposant l'influence royale sur l'Académie française à un groupe universitaire et mondain désireux de voir la science prendre le pas sur le politique.

J.-J. Ampère, tout en développant ses travaux d'historien et de critique, n'a jamais véritablement cessé d'être écrivain, ce qui lui fit mériter -- de la part de Sainte-Beuve -- le qualificatif de polygraphe, moins péjoratif qu'il n'y paraît, et qui rattache Ampère à cette famille d'esprit aux intérêts si variés dont L.-S. Mercier et Philarète Chasles sont parmi les plus notables représentants. Viennet le jugeait homme d'esprit fort original, un peu excentrique au sens où le XIXe siècle entendait cet adjectif, c'est-à-dire sortant des normes habituelles de la socialité bourgeoise. Auteur de récits de voyage, J.-J. Ampère fut ainsi l'un des premiers à défendre l'idée d'une histoire des littératures comparées, qui intègre l'expérience du dépaysement culturel à celle des lectures préalables au déplacement : Littérature et voyages. Allemagne et Scandinavie [1833] fit de lui, en contemporain exact de Xavier Marmier, l'initiateur du genre du tableau culturel ; le Voyage en Égypte et en Nubie [1846] montrait en Ampère les reflets de la séduction orientale si commune à l'époque. La Grèce, Rome et Dante. Études littéraires d'après nature [1848], Promenade en Amérique, États-Unis, Cuba, Mexique [1855] amplifiaient la méthode et synthétisaient les leçons de son instinct précurseur. Heures de poésie [1850], et César, poème historique en vers [1859], ainsi que Saint-Paul, fragment d'un drame manuscrit [1864], méritent encore sous l'aspect strictement littéraire de retenir l'attention, même si les travaux d'érudition d'Ampère sont aujourd'hui restés plus présents à l'esprit. L'Histoire littéraire de la France avant le XIIe siècle [1839-1840, 3 volumes rappellant les Leçons du Collège de France de 1836-1837] retrace une évolution de la civilisation qui requiert la flexibilité de la sympathie. L'Histoire de la formation de la langue française [1841], qui avait suscité de sérieuses critiques de la part de Guessard, fut ensuite reconnue par Paul Meyer comme un des monuments ayant permis l'essor de la philologie française. L'Histoire romaine à Rome [4 vol., 1862-1864], oeuvre inachevée, constituait enfin une reprise abondamment travaillée des articles publiés dans la Revue des Deux Mondes [1855-1857].

Par les relations qu'il a entretenues avec l'univers savant des philologues de son époque : Rémusat, Burnouf, Mohl, auprès desquels il s'initia d'ailleurs à l'orientalisme sanscrit, arabe et chinois, J.-J. Ampère, sceptique et sensible en tous ses intérêts selon son propre aveu, se donna les caractéristiques d'un érudit sacrifiant les apparences de la vie mondaine et sociale à ses recherches et méritant le reproche -- au demeurant cruel -- que lui adressa Nisard de ne pas garder suffisamment de force pour l'exécution de ses projets. Il reste néanmoins comme le représentant par excellence d'une érudition romantique alliant un sens poétique indéniable à une vive conscience scientifique.

Littérature, Voyages et Poésies [Esquisses du nord : Littérature danoise. France. Écosse et Angleterre. Littérature allemande. Littératures slaves Bohème. Littérature scandinave. Histoire comparée des langues. Edda et Sagas. Mythologie scandinave. Des Scaldes. Heures de poésie : Jeunesse et Tristesse. Contemplations. Italie. La Grèce ancienne et moderne. Orient. France. Écosse et Angleterre. Allemagne. Scandinavie, Paris, Didier, 1850, 2 vol. Mélanges d'Histoire Littéraire et de Littérature, préfacés par Louis de Loménie, Paris, Michel Lévy, 1867, 2 vol.

F. Tamisier, J.-J. Ampère. Étude historique et littéraire, 1864 [contient les discours funéraires de Guizot et Loménie]. A. de Broglie, Histoire littéraire, 1867, t. 1. E. Faral, Le Collège de France [1530-1930], Livre jubilaire, 1932, notamment pp. 398-399.

ANDRIEUX, François-Guillaume-Jean-Stanislas : Littérateur et professeur de littérature, né à Strasbourg en 1759, mort à Paris en 1833. Ami de Collin d'Harleville, Andrieux commença son oeuvre de dramaturge par une comédie en un acte et en vers : Anaximandre [1782], puis il publia ce qui demeure son plus grand succès : Les Étourdis ou le Mort supposé [1788]. Avant la Révolution de 1789, il fit une carrière de procureur au Châtelet, puis devint avocat, tout en continuant à manifester une grande passion pour le théâtre. Andrieux fut reçu à l'Institut en 1796 [Classe de Grammaire]. Il devint membre du Conseil des Cinq-Cents en 1798, et fut nommé au Tribunat en l'an VIII, ce qui lui donna l'occasion de participer à la discussion et à la rédaction du Code civil, en opposition -- parfois -- avec Bonaparte, qui l'élimina, en 1802, du personnel politique en compagnie de Daunou, Ginguené et Constant. En 1803, Andrieux entra à l'Académie française [Classe de Littérature], en succédant à Guillaume-Chrétien de Lamoignon de Malesherbes au 38e fauteuil de l'institution, dont il devint le Secrétaire perpétuel en 1829.

Après une carrière juridique et politique, Andrieux se reconvertit à l'enseignement. Titulaire de la chaire de Grammaire et de Belles-Lettres à l'École Polytechnique, de 1804 à 1816, il fut nommé Professeur de Littérature française et de Morale au Collège de France en 1814, charge qu'il assuma avec un grand succès sur le fonds de son anticléricalisme plus souriant que celui de Voltaire, et d'un imperturbable néo-classicisme esthétique qui lui fit prononcer sur ses plus jeunes contemporains [Balzac, p. ex.] des jugements définitifs que l'histoire finalement ne ratifia pas...

Oeuvres [4 vol.], Nepveu, 1818 ; Contes en vers, éd. P. Ristelhuber, 1882.

Sainte-Beuve, Critiques et portraits littéraires, t. II, 1836 ; H. Glaesener, R.H.L.F., 1935.

ARNOULD, Edmond, Nicolas (13 mars 1811-1er février 1861): Régent de grammaire à Nancy (1830), Dieuze (1832), Auch (1836), Tours (1838), Angers (1839). Professeur suppléant de Littérature française à la Faculté des Lettres de Strasbourg (1843); de Littérature étrangère à la Faculté des Lettres de Poitiers (1845). Délégué dans la chaire de la Faculté des Lettres de Paris (1853) titulaire en 1856. De l'Invention originale (1849). Essai d'une théorie du style (1851).

AULARD, François, Victor, Alphonse (19 juillet 1849-23 octobre 1928). E.N.S. (1867). Chargé de cours de 2nde au Lycée de Nîmes (1871); de Rhétorique au Lycée de Nice (1874). Professeur de Rhétorique au Lycée de Clermont (non installé: 1876). Maître conférences de Langues et Littératures du Midi à la Faculté des Lettres d'Aix (1878). Suppléant de Bouché-Leclercq à la Faculté des Lettres de Montpellier. Chargé de cours de Littérature française à la Faculté des Lettres de Dijon (1879), puis de Poitiers (même date). Doctorat de Littérature française (1880). Professeur de Rhétorique au Lycée Janson de Sailly (1884). Chargé du cours d'histoire de la Révolution française à la Faculté des Lettres de Paris (1886). Professeur d'histoire de la Révolution française (1891). L'éloquence parlementaire pendant la Révolution française, les orateurs de l'assemblée constituante (1882). Les orateurs de la Législative et de la Convention (1885-86).

BARRAULT, Émile (1802-1869): Professeur de Lettres au Collège de Sorèze. Talents incontestés de rhéteur. Auteur du manifeste littéraire saint-simonien: Aux Artistes. Responsable, à partir de 1832, de la partie littéraire du Globe. Directeur du Courrier français, de 1843 à 1845.

BELLOC, Jean-Hilaire: Peintre, détesté par Ingres et les Académiciens, fondateur -- en 1830 -- de l'École Nationale de dessin, sculpture et architecture, parente pauvre de l'École des Beaux-arts.

BERGER, Julien, François, Adolphe (2 sept. 1810-26 oct. 1869): Agrégé chargé de Rhétorique au Lycée d'Angers (1829); Professeur de Rhétorique au Lycée de Cahors (1830), au Lycée de Caen (1834). Chargé de Rhétorique au Lycée Charlemagne (1841). Suppléant à la Faculté de Lettres de Paris (1854). Chargé de cours d'éloquence latine (1865). Professeur d'éloquence latine à la Faculté de Lettres de Paris (1866). Décédé en fonction. Proclus, exposition de sa doctrine (thèse, 1840); Histoire de l'éloquence latine depuis l'origine de Rome jusqu'à Cicéron, notes publiées par Cucheval (1872).

BLOCH, Gustave (21 juil. 1848-4 déc. 1923): Père de Marc Bloch (fondateur avec Lucien Febvre des Annales). Chargé de cours de Rhétorique au Lycée de Besançon (1872). Professeur de Rhétorique au Lycée de Besançon (1873). Membre de l'École de Rome (1873). Chargé de cours d'antiquités grecs et latines à la Faculté des Lettres de Lyon (1876). Professeur de mêmes disciplines, au même endroit (1884). Maître de conférences d'histoire à l'ÉNS (1887). Professeur d'histoire romaine à la Faculté de Lettres de Paris (1904). Les origines du Sénat romain (thèse, 1884). La République romaine (1900). L'Empire romain (1911). Notices dans le dictionnaire des antiquités de Daremberg et Saglio.

BOISTEL: Directeur de la Revue Lyonnaise.

CARLIER, Théodore (1802-1839): Collaborateur des Annales romantiques. Auteur de Voyages poétiques (1830) et Psyché. Professeur de Littérature des pages du roi à Versailles (1829-30). Enseigne la Rhétorique au Collège de Saint-Omer (1833), puis à Reims (1835). Très lié avec Sainte-Beuve.

CARTAULT, Auguste, Georges, Charles (21 avril 1847-12 janv. 1922): Membre de l'École d'Athènes (1869). Professeur de 2nde au Lycée d'Amiens (1873). Professeur de Rhétorique (1875). Professeur de Rhétorique au Lycée Charlemagne (1876). Suppléant de Petit de Julleville à l'ÉNS (1882-85). Chargé de cours de Littérature latine à la Faculté des Lettres de Paris (1885-87). Professeur de poésie latine (1887). La trière athénienne (thèse, 1881). Catulle, l'homme, l'écrivain (1889). Études sur les Bucoliques de Virgile (1897). La Flexion dans Lucrèce (1898). Études sur les Satires d'Horace (1900)

CHEVALIER, Michel (1806-1879): Élève brillant de Polytechnique (1823) et des Mines (1829), converti au saint-simonisme, M. C. est appelé par Enfantin à diriger Le Globe en 1830. Il rompt avec ce dernier au cours de leur incarcération commune (décembre 1832-juillet 1833). Envoyé par Thiers, de 1833 à 1835, pour une mission d'études aux États-Unis. Collabore, dès son retour, avec le Journal des Débats et la Revue des deux Mondes. Membre du Conseil d'État dès 1838, du conseil supérieur du Commerce, et du Conseil supérieur de l'Instruction publique. Conseiller technique de la compagnie des chemins de fer Péreire. Professeur d'économie politique au Collège de France à compter de 1840. Expert attitré de Napoléon III à partir de 1852. Seul sénateur à avoir voté contre la guerre en 1870.

COUSIN, Victor (23 sept. 1792-14 janv. 1867): Cours de philosophie professé à la Faculté des Lettres pendant l'année 1818 sur les fondements des idées absolues du vrai, du beau, du bien (1836), transformé en Du vrai, du beau, du bien (1853, 16 éd.)

CROISET, Marie, Joseph, Alfred (5 janv. 1845-14 juin 1923): Chargé de Rhétorique au Lycée de Chambéry (1867), au Lycée de Nevers (1868). Professeur de Rhétorique au Lycée de Montauban (1871), puis au Collège Stanislas (même date). Professeur divisionnaire de 4e au Lycée Charlemagne (1874). Maître de conférences de langue et Littérature grecques à la Faculté des Lettres de Paris (1877). Directeur d'études pour les Lettres à la Faculté des Lettres de Paris, suppléant d'Émile Egger (1883). Professeur d'éloquence grecque à la Faculté de Lettres de Paris (1885). Xénophon, son caractère et son talent (thèse, 1873). La poésie de Pindare et les lois du lyrisme grec (1880).

CROUSLÉ, François, Léon (29 mai 1830-4 mars 1903): Chargé de Rhétorique au Lycée de Tarbes (1853), au Lycée de Laval (1855), au Lycée de Limoges (1856). Professeur de Rhétorique au Lycée de Limoges (1856), au Lycée d'Angoulême (1857), au Lycée de Rouen (1858). Professeur divisionnaire de 3e au Lycée Louis-le-Grand (1860), de 2nde au Lycée Charlemagne (1861). Professeur suppléant de Rhétorique au Lycée Napoléon (1864). Professeur délégué de Rhétorique au Lycée Napoléon (1867). Maître de conférences à l'ÉNS (1874). Professeur suppléant d'éloquence française à la Faculté de Lettres de Paris (mars 1879) puis Professeur (juillet 1879). Lessing et le goût français en Allemagne (thèse, 1863). Du pessimisme dans la poésie (1894). Fénelon et Bossuet (1894-95). La vie et les oeuvres de Voltaire (1899). Bossuet et le protestantisme (1901).

DAMIRON, Jean-Philibert (10 janv. 1794-11 janv. 1862): Élève de l'ÉNS (1813). Docteur ès-Lettres (1816). Régent de 2nde au Collège de Falaise (1816). Régent de Rhétorique au Collège de Périgueux (1817); de philosophie au Collège d'Angers (1818). Professeur suppléant de philosophie à Paris (1821). Agrégé suppléant de philosophie au Collège Bourbon (1827); au Collège Charlemagne (1828). Professeur de philosophie au Lycée Louis-le-Grand (1830). POrof. suppléant de philosophie à la Faculté des Lettres de Paris (1831). Maître de conférences à l'ÉNS (1831). Professeur adjoint de philosophie à la Faculté des Lettres de Paris (1837). Professeur de philosophie (1842). Professeur installé dans la chaire d'histoire de la philosophie (1845-46). Fondateur du journal Le Globe avec son ami Jouffroy (1824). De l'éloge académique, thèse de doctorat (1816). Essai sur l'histoire de la philosophie en France au XIXe siècle (1828). Cours de philosophie (1831-36). Essai sur l'histoire de la philosophie en France au XVIIe siècle (1846). Mémoires pour servir à l'histoire de la philosophie au XVIIIe siècle (1858, 3 vol.). Souvenirs de vingt ans d'enseignement à la Faculté des Lettres de Paris (1859).

DAUNOU: Ancien oratorien avant 1789, conventionnel girondin, secrétaire de la Convention après Thermidor. Principal auteur de la Constitution du Directoire. Napoléon lui confie les Archives en 1804. Républicain sous l'Empire. Épuré du Tribunat avec le parti des Idéologues, en 1802. Prête sa plume à Sieyès et Bonaparte pour la Constitution de l'an VIII. Écarté des Archives de 1816 à 1830, au profit du chevalier de la rue. Député en 1818. Professeur d'Histoire et de morale au Collège de France, de 1818 à 1830. Homme de loi et idéologue condillacien, Daunou dénonce dans le romantisme "une Littérature qui a été entraînée à des excès épouvantables par l'exaltation des sentimens, l'empire des idées absolues, le discrédit des saines études et l'ignoble barbarie du langage", voire " une réforme littéraire soudainement proclamée, sans essais, sans épreuves, sans autre annonce que son éclat et ses menaces, qu'on tentait d'imposer à toutes les branches de la Littérature, et par conséquent à l'histoire".

DE CAUMONT, Arcisse: Fondateur de la Société des Antiquaires de Normandie, de l'Association Normande, de la Société française pour la Conservation des Monumens, de l'Institut des Provinces, et organisateur des Congrès scientifiques régionaux de la France, puis, à compter de 1852, des Réunions des Sociétés Savantes des Départements à la Sorbonne. Auteur d'une Carte géologique du Calvados, en 1832.

DECHARME, Jean-Baptiste, François, Paul (16 déc. 1839-29 août 1905): Docteur ès-Lettres (1869). Chargé de Rhétorique au Lycée de Nevers (1862). Membre de l'École d'Athènes (1862). Chargé de suppléance de 2nde au Lycée de Marseille (1866). Professeur de 2nde au Lycée de Marseille (1867) puis de Montpellier. Professeur de Littérature grecque à la Faculté des Lettres de Nancy (1872). Doyen (1883). Chargé de cours à la Faculté des Lettres de Paris (1886). Professeur adjoint à la Faculté des Lettres de Paris (1889). Professeur de poésie grecque à la Faculté des Lettres de Paris (1889). Les Muses, étude de mythologie grecque, thèse de doctorat (1869). Mythologie de la Grèce antique (1879). Euripide et l'esprit de son théâtre (1893).

DE FÉLETZ, Abbé: Inspecteur de l'Académie de Paris, en 1825.

DE GUERLE, Jean, Marie, Nicolas (15 janv. 1766-11 nov. 1824): Lauréat du Concours général. Auteur de brochures contre-révolutionnaires, notamment la Proclamation du Camp de Jalès (1791). Sous le Directoire, rédige avec La Harpe, Fontanes et l'abbé de Vauxelles, le Mémorial. Professeur de Belles Lettres au Collège national de Compiègne (1801). Professeur de Rhétorique au Prytanée de Saint Cyr (1802). Professeur de Rhétorique et censeur du Lycée Bonaparte (1805). Censeur du Lycée Impérial (1809). Professeur d'éloquence française à la Faculté des Lettres de Paris (1809). Refuse la place de proviseur du Lycée Louis-le-Grand (1815). Décédé en fonction. Discours sur la grammaire générale (1800).

DE HEUZET: Professeur de latin, Selectae a profanis scriptoribus historiae (1727), d'un usage courant sous l'Empire dans les classes de sixième et de cinquième [De deo, De prudentia, De justitia, De fortitudine, De temperantia]

DEJOB, Charles (29 sept. 1847-5 avril 1916): Docteur ès-Lettres (1881). Chargé de cours de Rhétorique au Lycée de Laval (1871). Professeur de Rhétorique (1872). Professeur de Rhétorique au Lycée d'Angoulême (1874); au Lycée de Bordeaux (1876). Professeur au Collège Stanislas (1877-78). Chargé des fonctions de maître de conférences de Littérature française à la Faculté des Lettres de Paris (1888). Maître de conférences (1894). Maître de conférences de langue et Littérature italiennes à la Faculté des Lettres de Paris (1894). Professeur adjoint à la Faculté des Lettres de Paris (1902). Professeur de langue et de Littérature de l'Europe méridionale à la Faculté des Lettres de Paris (1908). Marc Antoine Muret, thèse de doctorat (1881). Mme de Staël et l'Italie (1890). L'Instruction publique en France et en Italie (1894).

DELAPLACE, Guislain, François, Marie, Joseph (8 déc. 1757-13 déc. 1823): 6 années de théologie (1781-87). Agrégé de belles Lettres (1783). Lauréat du concours général. Professeur au Collège Louis-le-Grand (1788-99). Professeur de belles Lettres et langues anciennes à la première École normale (1795). Professeur à l'École centrale de la seine et au Lycée Napoléon (1796-1810). Professeur d'éloquence latine à la Faculté des Lettres de Paris (1810-23). Ouvrages rédigés en collaboration avec l'Inspecteur général Noël: Leçons de Littérature et de morale (1804-23). Manuel du Rhétoricien, choix de discours (1810).

DEMOGEOT, Jacques, Claude (5 juillet 1808-10 janvier 1884): Petit séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet. Agrégé des classes supérieures de Lettres (1832). Docteur ès-Lettres (1838). Professeur au petit séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet (1826-28). Régent au Collège communal de Beauvais (1828-1832). Régent de 3e au Collège royal de Rennes (1833), puis Professeur de 3e au Collège de Bordeaux (1833). Professeur de 2nde (1835). Professeur de Rhétorique au Collège royal de Lyon (1838) et suppléant d'Ozanam et Quinet, à la Faculté des Lettres de Paris (1841-43). Professeur de Rhétorique au Lycée Saint-Louis (1843-48). Suppléant de Nisard à la Faculté des Lettres de Paris (1857-1861). Études historiques et littéraires sur Ausone, thèse de doctorat (1838). Histoire de la Littérature française depuis ses origines jusqu'en 1830 (1852). Textes classiques de la Littérature française, extraits (1867). De l'enseignement secondaire en Angleterre et en Écosse, rapport (1868). De l'enseignement supérieur en Angleterre et en Écosse, rapport (1870).

DE SERRE: Garde des Sceaux dans les gouvernements Decazes et du Duc de Richelieu

DUBOIS, Paul-François (1795-1874): Normalien de la promotion de 1812; professeur de Rhétorique à Charlemagne, suspendu de ses fonctions pour manquement au devoir de réserve, et chassé de l'Université en 1823. Co-fondateur, avec Pierre Leroux, du Globe, organe des doctrinaires, avant la Révolution de 1830, puis des Saint-Simoniens, après celle-ci; député de la Loire-Inférieure en 1830; et Directeur de l'École normale, de 1840 à 1850.

DUGALD STEWART: lu par Michelet et découvert généralement en France à partir de 1821.

DUSSAULT: Ancien feuilletoniste du Journal de l'Empire, devenu le Journal des Débats, "ce vieil organe imbécile et têtu de la propagande voltairienne", Jean-François-Joseph Dussault, était né à Paris, le 1er juillet 1769, et y mourut le 14 juillet 1824. Professeur au collège Sainte-Barbe jusqu'à la révolution, il devint ensuite rédacteur de L'Orateur du Peuple puis du Véridique, avant de s'attacher en compagnie de Hoffman, de Feletz et de Geoffroy, aux chroniques littéraires du Journal des Débats -- sous la signature Y -- jusqu'en 1817. Conservateur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, il fut battu à l'Académie par Villemain, en 1821. Sainte-Beuve écrivait de son talent : " C'est un agréable ramage, où l'on ne peut démêler aucun air déterminé. [...] Son élégance étudiée, compassée et un peu commune; son jugement ne ressort pas nettement. Il n'est ni pour, ni contre Chateaubriand. Il ne dit pas trop de mal de Mme de Staël, mis il dit encore plus de bien de Mme de Genlis... Il n'entre presque jamais dans le vif " [Causeries du lundi, t. 1: "La Critique littéraire sous l'Empire"].

EGGER, Émile (18 juillet 1813-30 oct. 1885): Agrégé des Lettres (1834). Docteur ès-Lettres (1833). Répétiteur à Paris (1831-36). Agrégé suppléant au Lycée Saint-Louis (1834). Chargé de Rhétorique au Lycée Henri IV , puis de la seconde au Lycée Charlemagne (1838). Chargé de conférence à l'ÉNS (1839). Suppléant de Littérature grecque à la Faculté des Lettres de Paris (1840-55) et maître de conférences de grammaire à l'École Normale Supérieure (1843-62). Professeur de Littérature grecque (1855-74) puis d'éloquence grecque (1874-85). Notions élémentaires de grammaire comparée (1852). Mémoires de Littérature ancienne (1862). Mémoires d'histoire ancienne et philologie (1863). L'héllénisme en France (1869). Les substantifs verbaux formés par apocope de l'infinitif (1875).

EICHTHAL, Gustave d'- (1804-1886): Issu d'une importante famille juive de banquiers munichois -- les Séligmann -- convertis au catholicisme en 1817. Premier disciple d'Auguste Comte, en 1822. Échoue à Polytechnique, mais rencontre Hegel à Berlin -- chez les Mendelssohn -- et traduit Herder, Kant et Lessing, qu'il aide à diffuser en France. Maçon en 1825. Voyage en Angleterre en 1828, et y rencontre Stuart-Mill. Saint-Simonien de 1829 à la dispersion de Ménilmontant; activité intellectuelle incessante relative à l'Orient, à la critique historique des Évangiles, à l'histoire des civilisations, à la langue et à la philosophie grecques. Membre influent de la Société asiatique, de la société de géographie, secrétaire de la société d'ethnologie, fondateur de la Société pour l'encouragement des études grecques (v. Bréal)

ÉLOQUENCE: Démosthène en grec, Harangues; Cicéron, De Oratore; Tacite, Dialogue des orateurs.

ERMITE DE...: Genre littéraire à la mode au début du XIXe siècle; Jouy, L'Ermite de la Chaussée d'Antin; Fortin de Piles, L'Ermite du Faubourg Saint-Honoré

FAGUET, Auguste, Émile (17 déc. 1847-7 juin 1916): Lycée de Poitiers, puis Lycée Charlemagne à partir de la Rhétorique. Exclu de l'ÉNS en 1868. Chargé de cours de 2nde au Lycée de Bourges (1872). Suppléant de son père au Lycée de Poitiers (1873). Professeur de 2nde au Lycée de Poitiers. Professeur de Rhétorique au Lycée de Nice (1876), de Moulins, de Clermont-Ferrand (1880), de Bordeaux (1881). Professeur divisionnaire chargé de cours de Lettres aux élèves du cours de sciences du Lycée Charlemagne (1883). Professeur de Rhétorique au Lycée Janson de Sailly. Chargé d'un cours de Littérature française à la Faculté des Lettres de Paris (1890). Professeur de poésie française à la Faculté des Lettres de Paris (1897). La tragédie française au XVIe siècle, thèse de doctorat (1884). Le XVIIe siècle (1885), etc.

FONTANIER, Pierre : Grammairien et rhétoricien, né le 2 novembre 1765, mort en février 1844. Natif de Moissac, près d'Allanche, dans le Cantal, Fontanier était le fils d'un modeste paysan auvergnat épris de justice et de rigueur, qui devait d'ailleurs devenir premier agent municipal et officier public de sa commune en 1790. Après des études au Collège puis au Séminaire de Saint-Flour, Pierre Fontanier entra dans les ordres. Prêtre Oratorien, il enseigna au Collège de Saint-Flour dès octobre 1787. A la Révolution, il fonda la Société Populaire de Saint-Flour et la Société Sanfloraine des Amis de la Constitution. Il abjura ensuite par deux fois, et avec un grand fracas local, la religion et son ministère, en décembre 1793, puis le 17 nivôse an II, 6 janvier 1794, époque à laquelle il se maria et partit pour Paris tâter de la politique. Devenu dans le cours de la même année l'élève de Sicard et de Garat à l'École normale, Fontanier développa avec eux ses connaissances idéologiques et grammaticales; ce qui lui valut d'être nommé Professeur dans différents établissements. Sous le Directoire, il exerça notamment à Tournon, où il était encore professeur titulaire de grammaire générale à l'École Centrale de l'Ardèche, en l'an X. On retrouve également sa trace comme Professeur à l'Université de Besançon en 1811. Son activité scientifique, essentiellement centrée sur le langage et la littérature classique, se ressent de l'héritage de la grammaire générale, et, dans le domaine rhétorique, même s'il en modifie sensiblement la théorie logique, de l'influence prédominante d'un Dumarsais, pour qui cette discipline était essentiellement une démarche analytique des modes sémantiques d'expression de la pensée. C'est en ce sens que, contrairement à l'analyse hâtive de Gérard Genette [1968], l'oeuvre de Fontanier, toujours soucieux de fonder le beau littéraire sur une logique avérée de la pensée et de son expression, représente bien plus au XIXe siècle le point d'aboutissement et d'extinction de la pensée métaphysique qu'il n'en atteste le modèle toujours glorieux, productif et ouvert sur l'avenir. L'ornemental y est encore chez lui une fin du discours que justifie la logique des idées, alors que l'heure va plutôt sonner du réveil d'une logique de l'argumentation et de la composition des discours prévalant sur les entreprises des taxinomistes avant tout préoccupés par la collecte et l'identification des fleurs anciennes de rhétorique. Fontanier a publié, en 1801, un Discours sur la paix générale ; en 1818, des Études de la langue française sur Racine ; en 1821, le Manuel classique pour l'étude des Tropes ; en 1822, une Notice historique sur la Henriade ; en 1825, La Clef des Étymologies ; et, en 1827, Des figures autres que les Tropes. Il fut aussi l'éditeur des oeuvres de Boileau, Racine et Voltaire. G. Genette, gauchissant la perspective sous l'emprise de la fièvre structuraliste, réunit en un seul volume intitulé Les Figures du discours le contenu des ouvrages de 1821 et 1827. C'était oublier qu'en 1823 Joseph-Victor Le Clerc publiait une Nouvelle Rhétorique extraite des meilleurs écrivains anciens et modernes, suivie d'Observations sur les matières de composition dans les classes de Rhétorique [Delalain, 1823], qui délaissait les austères taxinomies des modifications du sens, et orientait désormais la discipline vers l'argumentation stylistique des discours.

P. Fontanier, Commentaire raisonné sur les Tropes de Dumarsais [1818], Slatkine Reprints, 1967 ; Les Figures du Discours [1821, 1827], introduction par G. Genette, Flammarion, 1968.

B. Vinatier, "Un intellectuel du Cantal dans la Révolution : Pierre Fontanier", Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, t. 52, 91e année, pp. 182-245. M. Le Guern, "La métaphore dans la rhétorique française du XVIIIe siècle", Mélanges offerts à Pierre Larthomas, ÉNS J-F, 1985 ; A. Cizek, "Autour des figures de construction "par révolution" chez Fontanier", Rhétorique et discours critiques, PÉNS, 1989 ; M. Dereu, "L'idée de phrase dans le Manuel classique pour l'étude des tropes et le Traité général des figures du discours autres que les tropes de Pierre Fontanier : contribution à une recherche sur l'émergence du concept de phrase", Mutations et sclérose : la langue française 1789-1848, p.p. J.-Ph. Saint-Gérand, Steiner éd., 1993 ; G. Febel, "Pierre Fontanier zwischen Restauration und Romantik", Rhetorik, 12/1993, Niemeyer éd., pp. 12-22.

FRAYSSINOUS, Denis-Antoine-Luc : Évêque d'Hermopolis, né à Caldeyrac [Aveyron] en 1765, et mort à Saint-Geniez-de-Rive-d'Olt en 1841. Fils d'un avocat au Parlement de Toulouse, le jeune Frayssinous -- de 1778 à 1782 -- reçut son instruction au collège de Rodez, puis dans la communauté de Laon que dirigeaient les prêtres de Saint-Sulpice. Il entra au grand Séminaire en 1788 et fut ordonné prêtre le 6 juin 1789. Refusant de prêter serment à la constitution civile du Clergé, Frayssinous fut obligé de se cacher pendant la Révolution dans les vallons de son Rouergue natal. Il regagna Paris en 1800 pour devenir professeur de théologie dogmatique à Saint-Sulpice. De 1801 à 1807, sur l'invitation de M. Émery, supérieur du grand Séminaire, et de Portalis, directeur des cultes et négociateur du Concordat, Frayssinous -- en collaboration avec l'abbé Clausel de Coussergues -- tint des conférences en dialogue sur le vérités du christianisme. Après le succès recueilli à Saint-Sulpice, la nef de Notre-Dame de Paris, en 1808, parut seule susceptible de contenir le nombreux auditoire que drainait le talent oratoire de l'ecclésiastique. Mais l'ambition exprimée, qui était de considérer le christianisme dans ses principes fondamentaux, ses preuves, ses dogmes, sa morale, son culte, son influence sur la société et les reproches que lui font ses ennemis, déplut aux philosophes qui -le 14 mars 1809 -- obtinrent de Napoléon et de Fouché la suspension de ces conférences. Celles-ci reprirent en 1814 et furent poursuivies jusqu'en 1822. Dans l'intervalle de la suspension, Fontanes et Portalis, toutefois, soutinrent Frayssinous devant l'autorité, et purent obtenir qu'il fût nommé Inspecteur général de l'Instruction publique. Sous la Restauration, Frayssinous refusa les sièges épiscopaux de Nîmes et de Belley, prêchant l'Avent à la cour en 1817, ce qui lui valut, en 1818, le titre de Vicaire général de Paris, et la responsabilité de prononcer l'éloge funèbre du Prince de Condé. Premier aumônier du roi en 1821, Frayssinous fut nommé évêque d'Hermopolis le 19 avril 1822, membre de la Chambre des Pairs et Grand Maître de l'Université, le 1er juin, tandis que le 28 novembre de la même année, il fut élu au troisième fauteuil de l'Académie française, en remplacement de l'abbé *Sicard. Le 2 août 1824, il devint Ministre des Affaires ecclésiastiques et de l'Instruction publique et conserva son portefeuille jusqu'à la chute de Villèle, en décembre 1827. En butte à l'hostilité de *Lamennais, Frayssinous subit la Révolution de 1830 à Saint-Germain-en-Laye, son appartement des Tuileries ayant été mis à sac, puis partit pour Rome. Il revint en France en 1832, mais fut rapidement appelé à Gorizia pour être le précepteur du duc de Bordeaux, petit-fils de l'ancien monarque Charles X. Frayssinous, à la mort du roi, regagna Paris le 12 octobre 1838, puis, épuisé et malade, se retira dans le silence et la méditation de ses origines, à Saint-Geniez. L'histoire de l'art oratoire garde de lui l'image d'un prédicateur rigoureux dans l'analyse intellectuelle, animé d'une expression visionnaire, mais toujours soumis aux canons formels de la rhétorique néo-classique.

Les Conférences et Sermons de Frayssinous n'ont jamais été intégralement édités. Le seul texte qui restitue l'art de Frayssinous est celui de la Défense du Christianisme ou Conférences sur la Religion, faisant la synthèses des conférences des Carmes, de Saint-Sulpice et de Notre-Dame, Paris, 1825.

M.-R.-A. Henrion, Vie de Mgr Frayssinous, évêque d'Hermopolis, 2 vol., Paris, 1844 ; A. Latreille, Histoire du catholicisme en France, Paris, 1962, t. III, pp. 239 sqq.

GANDAR, Eugène (8 août 1825-21 février 1868): Docteur ès-Lettres (1854). Professeur de Rhétorique au Lycée de Metz (1849-55). Professeur suppléant de Littérature ancienne à la Faculté des Lettres de Grenoble (1855). Chargé de cours de Littérature étrangère à la Faculté des Lettres de Caen (1856) puis Professeur Délégué dans une conférence de langue et Littérature françaises à l'ÉNS (1860). Professeur suppléant d'éloquence française à la Faculté des Lettres de Paris (1861). Chargé du cours (1867). Décédé en fonction. Pascal, Bossuet, Fénelon, cours professé à la Sorbonne (1861-65). Bossuet orateur, études critiques sur les sermons de la jeunesse de Bossuet (1867).

GÉRANDO, Joseph-Marie de -- : Littérateur idéologue, né à Lyon en 1772 et mort à Paris en 1842. Originaire d'une famille lyonnaise aisée, et destiné à la religion, Joseph-Marie de Gérando reçut son instruction au collège oratorien de la Trinité avant d'entrer au séminaire Saint Irénée. Mais la Constituante, supprimant les congrégations, orienta différemment la carrière de l'adolescent, qui, défenseur de la liberté de conscience, s'engagea dans une résistance anti-jacobine et anti-parisienne farouche. Lyon s'étant rebellée contre la Convention montagnarde, Gérando participa à la défense de sa ville et fut blessé et condamné à mort -- en 1793 -- lors du siège mené par Kellermann. Réfugié en Suisse puis à Naples, Gérando put revenir à Lyon -- en 1796 -- à la faveur des mesures d'amnistie du Directoire. En 1799, Gérando rédigea un mémoire : De l'influence des signes sur la formation des idées, qui obtint un prix de l'Institut de France, et dans lequel il envisage les conditions de création d'une langue universelle, d'après les modèles de Bacon, Leibniz, Locke et Court de Gébelin. C'est en 1800 que Gérando se lia avec l'entourage de Mme de Staël, et qu'il mit au point son autre étude : Des signes et de l'art de penser, considérés dans leurs rapports mutuels, qui devait constituer comme la charte de l'Idéologie. Soutenu par Lucien Bonaparte, Gérando -- membre du Bureau consultatif des arts et du commerce -- consacra une première part de son énergie à soutenir les intérêts artistiques et culturels de sa ville natale, et une seconde à développer ses recherches sur le langage, en montrant principalement que les ambitions d'une langue universelle -- pasigraphie, dans les termes de Devismes -- sont fondées sur des principes erronés et une classification vicieuse. Il en résulte des associations d'idées fondamentalement fausses, contre lesquelles Gérando ne cessa ensuite de lutter. Nommé Associé résident de la seconde classe de l'Institut national jusqu'en 1803, Gérando, par ses travaux sur Kant et sur les peuples sauvages, devait donner une synthèse des études ethnologiques et ethnographiques du dernier tiers du XVIIIe siècle, dont il mit à profit les résultats pour rédiger son mémoire De la Génération des connaissances humaines, qui remporta à Berlin -- en 1802 -- le prix de l'Académie.

La veine philosophique de Gérando fut pleinement à découvert avec la publication -- en 1803 -- de son Histoire comparée des systèmes de philosophie, considérés relativement aux principes des connaissances humaines, qui constituait moins une prémonition de l'éclectisme cousinien qu'une rigoureuse quête critique de ce que les divers systèmes philosophiques pouvaient apporter de meilleur à l'homme sous l'angle de son perfectionnement moral. C'est en ce sens qu'il publia, en 1808, un Rapport historique sur les progrès de la philosophie, qui intégrait les oeuvres de Kant, Dugald-Stewart, de l'École allemande, et qui se félicitait des corrections apportées à l'oeuvre de Condillac. Malgré les attaques de l'Empire que durent subir les Idéologues, Gérando, après sa nomination comme grand Officier de la Légion d'honneur [1810], poursuivit une importante carrière administrative, qui le mena la même année aux fonctions de maître des requêtes au Conseil d'État, puis de Conseiller d'État [1811], et d'intendant de la Haute Catalogne [1812]. Après une éclipse de ses responsabilités pendant les Cent-Jours, Gérando devint Vice-Président du Conseil supérieur de la santé et Administrateur de la Charité du XIe arrdt. Appartenant dès 1814 à la Société philosophique organisée autour de Maine de Biran, Gérando ouvrit un cours de droit public et administratif à la faculté de Paris [1819], et fut à l'origine de la création de l'École des Chartes [1821]. Soucieux de développer une réflexion éthique, Gérando, qui était membre de l'Académie des sciences morales et politiques depuis 1832, et pair de France depuis 1837, mit à profit ses nombreuses expériences pour rédiger un Traité de la bienfaisance publique [1839], qui résume le sens de son action philosophique et politique.

A défaut d'éditions modernes satisfaisantes des oeuvres de Gérando, on se reportera aux éditions anciennes : Mémoire sur le sauvage d'Avignon, suivi de Considérations sur les méthodes à suivre dans l'observation des peuples sauvages, Paris, 1801. Rapport historique sur les progrès de la philosophie, Paris, 1808 ; Le visiteur du pauvre, Paris, 1820 ; Du perfectionnement moral, Paris, 1824 ; De l'éducation des sourds-muets de naissance, Paris, 1827 : Institutes de droit administratif français, Paris, 1829-1836 ; Traité de la bienfaisance publique, Paris, 1839. Seules exceptions : les rééditions du Visiteur du pauvre, Jean-Michel Place éd., 1991 ; et De la génération des connaissances humaines, dans le Corpus des oeuvres de philosophie en langue française, Paris, Fayard, 1992.

G. Berlia, Gérando, sa vie, son oeuvre, Paris, 1942. L. Trénard, De l'Encyclopédie au préromantisme, Paris, 1958. W. Busse et J. Trabant, éds., Les Idéologues, Sémiotiques, théories et politiques linguistiques pendant la Révolution française, Benjamins, Amsterdam, 1986.

GÉRUZEZ, Nicolas, Eugène (6 déc. 1799-29 mai 1865): Docteur ès-Lettres, puis agrégé près la Faculté des Lettres (1840). Suppléant de la chaire d'éloquence française à la Faculté des Lettres de Paris (1833). Maître de conférences à l'ÉNS (1844). Secrétaire agent comptable près la Faculté des Lettres de Paris (1852). Écarté de l'agrégation au moment du ministère Frayssinous. collabore à la presse libérale [Le Globe, Revue britannique]. Histoire de l'éloquence politique et religieuse en France (1836-37). Essai sur l'éloquence et la philosophie de Saint Bernard, thèse de doctorat (1838). Histoire de la Littérature française depuis ses origines jusqu'à la Révolution et pendant la Révolution (1859-61). Cours de Philosophie (1833) et Cours de Littérature (1841) adoptés par l'Université.

GIRARD, Jules, Augustin (24 fév. 1825-30 mars 1902): docteur ès-Lettres (1854). Professeur de Rhétorique au Collège royal de Vendôme (1847). Membre de l'École d'Athènes (1848). Professeur de Rhétorique au Lycée de Lille (1851). Professeur de Rhétorique au Lycée de Montpellier (1853). Chargé d'une conférence de langue et de Littérature grecques à l'ÉNS (1854). Maître de conférences (1857). Chargé d'un cours complémentaire de Littérature grecque à la Faculté des Lettres de Paris (1868). Suppléant de Patin dans la chaire de poésie latine (1869). Professeur de poésie grecque à la Faculté des Lettres de Paris (1874). Directeur de la Fondation Thiers (1896-1902). Des caractères de l'atticisme dans l'éloquence de Lysias, thèse de doctorat (1854). Essai sur Thucydide (1859). Études sur l'éloquence attique (1874).

GRÉGOIRE de NAZIANCE, Saint: Sujet d'une épitre de - à l'Empereur Julien -- non publiée -- préparée par Michelet, en vue de la préparation à l'épreuve de discours français, en 1821.

GUÉNEAU DE MUSSY: Secrétaire général de l'Université.

GUÉRARD, Benjamin: Chartiste de la première École des Chartes, membre de l'Académie des Inscriptions depuis 1833, auteur des érudits Prolégomènes au polyptique de l'abbé Irminon, en 1836; professeur puis directeur de l'École des Chartes; Conservateur adjoint des manuscrits de la Bibliothèque royale, et féru de géographie historique. Candidat au Collège de France, soutenu par Letronne et Sylvestre de Sacy, contre Michelet.

GUÉROULT, Pierre, Rémi, Antoine, Guillaume (17 janv. 1749-14 déc. 1816): Professeur d'éloquence latine à la Faculté des Lettres de Paris (1810-16).

GUIZOT, François: Né le 4 oct. 1787, d'une famille calviniste de Nîmes; perd son père guillotiné en 1794. Élevé par sa mère à Genève. Introduit par Stapfer, diplomate suisse anti-napoléonien, l'introduit dans le salon littéraire de Suard. Puissance de travail: G. passe du journalisme à l'état de polygraphe: Annales de l'Éducation, Salon de 1810, Nouveau Dictionnaire des synonymes, traducteur de Gibbon en 1812, etc. Obtient -- par Fontanes -- la chaire d'histoire moderne à la Sorbonne à l'âge de vingt-six ans. Doctrinaire, entre ultras et libéraux, il soutient la pensée politique de son collègue de philosophie en Sorbonne: Royer-Collard. Interdit de cours par Villèle, en 1822; mais rétabli dans ses fonctions par Martignac, en 1828. Traducteur, dans l'intervalle du Manuel d'Histoire moderne de Heeren, et de Shakespeare, et auteur, en 1826, d'une Histoire de la Révolution d'Angleterre. Responsable, depuis 1823, de la Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France. Décédé le 12 sept.1874.

KLAPROTH, Julius Von: Spécialiste de Géorgien au Collège de France entre 1824 et 1830, cité par Michelet. Un des fondateurs des études orientales en France depuis les réclamations de Volney.

KUNTZ: Professeur d'allemand aux princes d'Orléans, recommandé à Michelet par le sanskritiste Eichhoff.

LANSON, Achille, Alexandre, Marie, Gustave (5 août 1857-15 déc. 1934): Agrégé des Lettres (1879). Docteur ès-Lettres (1887). Professeur de Rhéto à titre provisoire au Lycée de Bayonne (1879). Id. au Lycée de Moulins (1880). Id. au Lycée de Rennes (1881). Chargé, à titre suppléant, des fonctions de Professeur de Rhétorique au Lycée de Toulouse (1882). Chargé de Rhétorique (1883). Professeur divisionnaire de 3e au Lycée Charlemagne (1886). Professeur de Rhétorique au Lycée Michelet (1888), puis au Lycée Charlemagne (1890). Professeur de Rhétorique au Lycée Louis-le-Grand (1894), et suppléant de Brunetière pour deux de ses conférences à l'ÉNS (1894-95 et 1896-1900). Chargé de cours d'éloquence française à la Faculté des Lettres de Paris (1903-04). Professeur d'éloquence française (1904). Assesseur du doyen de la Faculté des Lettres de Paris (1910-13). Directeur de l'ÉNS (1919-27). Professeur d'histoire de la Littérature française du XVIIIe siècle (1922). Bossuet (1891). Voltaire (1906). L'Art de la prose (1908). Montesquieu (1932).

LARROUMET, Louis, Barthélémy, Gustave, Paul (24 sept. 1852-25 août 1903): Agrégé de grammaire (1875). Docteur ès-Lettres (1882). Suppléant de Rhétorique au Lycée de Vendôme (1875). Chargé du cours de 3e au Lycée de Bourges (1875). Délégué en Rhétorique au Lycée Henri IV (1884). Maître de conférences de littérature française à la Faculté des Lettres de Paris (1884). Chef de cabinet du ministre de l'Instruction publique (1888). Directeur des Beaux-Arts (1888). Chargé d'un cours de langue et Littérature françaises (1891). Professeur d'éloquence française (1900). Nombreux discours officiels.

LASSEN, Christian: Sanskritiste norvégien, disciple de A. W. Schlegel, collaborateur d'Eugène Burnouf et membre de la Société Asiatique de Paris.

LAYA, Jean-Louis (4 déc. 1761-25 août 1833): Nommé docteur ès-Lettres par décret, en 1809, pour 10 ans de service comme professeur de Rhétorique. Professeur de 3e et 4e classes de latin au Lycée Bonaparte (1804-09). Professeur adjoint de Rhétorique au Collège Charlemagne (1804). Professeur titulaire de Rhétorique au Collège Henri IV (1810). Professeur adjoint d'éloquence française à la Faculté des Lettres de Paris (1810-15). Professeur d'histoire littéraire et poésie française (1815). Censeur royal sous Louis XVIII.

LE CLERC, Joseph-Victor (2 déc.1789-12 nov. 1865): Codrus [le solitaire] pour les intimes. Maître d'études au Lycée Napoléon (1808). Professeur de Rhétorique au Collège Charlemagne (1815); titulaire en 1817. Maître de conférences à l'ÉNS (1822). Professeur d'éloquence latine à la Faculté des Lettres de Paris (1824). Doyen de la Faculté des Lettres de Paris (1832-65). Conseiller ordinaire de l'Instruction publique (1843). Collaborateur du Journal des Débats depuis 1823. Son entreprise de traduction des Oeuvres complètes de Cicéron, chez Lefèvre, avec Guéroult, Joseph Naudet [style oratoire des historiens latins], maître de conférence à l'École normale, Burnouf, professeur d'éloquence latine au Collège de France. De sensibilité politique proche des doctrinaires, nuance du royalisme la plus proche des purs libéraux, qui voulaient fonder un nouveau monde sur un spiritualisme régénéré par la coupure radicale avec le matérialisme du XVIIIe siècle. Nouvelle Rhétorique (1827). Co-rédacteur, avec Renan, du tome XXIV de l'Histoire Littéraire de la France, initié par la compagnie de Saint-Maur, pour la période du XIVe siècle, 2 vol. in-8 chez Michel Lévy, 1862.

LE GLOBE: Voir Dubois, Leroux. Organe des doctrinaires, germanophile, avant de devenir celui des Saint-Simoniens. Parmi les collaborateurs Jean-Jacques Ampère, Lerminier.

LECTURES ORTHODOXES D'UN JEUNE ÉTUDIANT EN 1820: Morale = Platon (extraits); Épictète: Manuel; Entretiens. Rousseau: Émile; Discours sur l'inégalité. Métaphysique, logique = Logique de Port-Royal (discours préliminaire); Locke, Condillac: Art d'écrire. Logique. Laromiguière. Politique = Platon: Lois, livre I; Aristote: Politique, I et II; Rousseau: Le Contrat social, Discours sur l'économie politique. Bernardin de Saint-Pierre: Projet de paix perpétuelle. Delolme: Constitution de l'Angleterre; Benjamin Constant: Principes de politique; Villemain: Le Roi, la Charte et la monarchie. Histoire = Tacite; Retz: La Conjuration du comte de Fiesque. Avis à Mazarin. Bossuet: Discours sur l'histoire universelle. Montesquieu: Considérations sur la grandeur et la décadence des Romains; Voltaire: Essai sur les moeurs; De Pradt: Histoire de l'ambassade dans le grand-duché de Varsovie en 1812.; Villemain: Histoire de Cromwell. Poésie = Homère, Sophocle, Euripide, Théocrite, Térence, Virgile, Voltaire, Villemain: Avantages et incertitudes de la critique. Rhétorique = Cicéron, Longin: Traité du Sublime (traduction de Boileau); D'Aguesseau: Éloge de Montaigne, de Montesquieu. L'orateur du barreau. L'orateur politique. Mélanges= Lucien, Bernardin de Saint-Pierre: Essai sur J.-J.Rousseau. Rousseau: Lettre à Voltaire; Les Confessions, livre VIII et suivants.

LECTURES d'un "agrégatif" de 1821: Morale= Platon, Criton, Phédon; Pascal: Pensées; La Rochefoucauld, Maximes; Montesquieu, Essai sur le Goût; Duclos: Considérations sur les moeurs de ce siècle; Shaftesbury: Inquiry concerning virtue and merit. Logique, métaphysique = D'Alembert, Éléments de Philosophie; Dugald Stewart, Philosophy on human mind (en traduction); Reid, Essays on the activ power of man; Flotte, Leçons élémentaires de philosophie destinées aux élèves qui aspirent au grade de bachelier ès-Lettres; Dumarsais, Tropes; Sylvestre de Sacy, Grammaire générale; Burnouf, Grammaire grecque; Destutt de Tracy, Tables analytiques. Politique = Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique. Histoire = Tacite; Suétone; Millot, Éléments de l'histoire générale ancienne (de Vespasien à Mahomet; De Pradt, De la révolution actuelle de l'Espagne et de ses suites; Robertson, The History of Charles V, A view of Europe ;Rhétorique = Isocrate; Cicéron; Pline le Jeune; Bossuet. Poésie = Plaute; Lucrèce; Ovide; Perse; Stace; Lucain; Claudien; Sénèque; Shakespeare, Romeo and Juliet; Milton; Corneille, Horace, Cinna; Boileau; Voltaire, La Pucelle; Pigault-Lebrun, L'Égoïsme. Romans = Voltaire, Contes; Pigault-Lebrun, Monsieur Botte. Mélanges = Voltaire, Mémoires; Marmontel, Mémoires; Garat, Mémoires sur Monsieur Suard et le XVIIIe siècle; Galland, Tableau de l'Égypte pendant le séjour de l'armée française.

LECTURES D'UN AGRÉGÉ DE 1822: Morale = Bossuet, Traité du Libre arbitre; Vauvenargues. Logique, métaphysique = Deslandes, Histoire de la philosophie; Dugald-Stewart, Histoire des Sciences métaphysiques (vol. 1); Gérando, Théorie des signes et de l'art de penser dans leurs rapports mutuels. Histoire = Voltaire, Mélanges historiques (vol. 1); Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain (trad. Septchênes); Sismondi, Histoire des Républiques italiennes (vol. 1). Rhétorique = Blair, Cours de Rhétorique et de belles-Lettres. Romans = Swift, The Tale of a Tub, Discourse concerning the mecanical Operation of the Spirit, The Battle of the Books, Lettres de Catesby.

LECTURES D'UN HISTORIEN-PHILOSOPHE DE 1827: Morale = Platon: le premier Alcibiade, Théétète, Philèbe, Gorgias, Euthyphron, et les arguments rédigés par Cousin; Cousin: Fragmens philosophiques, Histoire de la philosophie morale en France au XVIIIe siècle; Brucker; Buhle. Métaphysique = De Gérando: Histoire des systèmes de philosophie (relu). Histoire = Pausanias; Letronne; Lingard: Histoire d'Angleterre; Hume; Machiavel; Savonarole; Bossuet: Histoire des variations des églises protestantes. Romans= Walter Scott: Péveril du Pic. Mélanges = Abel de Rémusat: Recherches sur les langues tartares; Ju-Kiao-Li; Volney: Voyage en Syrie; Mignot: Les Phéniciens; Meiners: Histoire des sciences; Halley: Transactions philosophiques; Heyne: Opuscula académica; Winckelmann: Histoire de l'art; A.W.Schlegel: Cours de Littérature dramatique. Articles divers dans le Journal des Savants (Cousin), Le Globe, la Revue encyclopédique, la Biographie universelle (Michel-Ange, Raphaël, Cujas, Domat).

LECTURES D'UN HISTORIEN DE 1828-29: Champollion: Précis des signes hiéroglyphiques; Fr. Schlegel: Über die Sprache und Weisheit der Indier. Sakontala; Abel de Rémusat: Contes chinois; Grammaire chinoise; deux mémoires à l'Académie sur les signes figuratifs et quelques écritures syllabiques. Chardin; Ouseley; James Porter; Amédée Thierry: Histoire des Gaulois; Dr Edwards: Lettre à M. Amédée Thierry sur les caractères physiologiques des races humaines. Revue Française: Hyacinthe Langlois, Sur Rouen. Mérimée: Chroniques du règne de Charles IX. Mittermaïer: Gründe des gemeinen deutschen Privatrechts. Gans: Erbrecht [Du droit de succession]. Hülmann: Stadtwesen; Schmidt: Histoire des Allemands. Volsunger Saga, t.1 du recueil de Von der Hagen. Arnim et Brentano: Des Knaben Wunderhorn. Görres: Die deutschen Volksbücher; Altdeutsche Wälcher. Legrand d'Aussy: Fabliaux ou contes des XIIe et XIIIe siècles (2e éd. 1829) . Héraclius. Crevier: Histoire de l'université de Paris depuis ses origines jusqu'en 1600. Gieseler. Luther: Tischreden. Uckert. Van der Velde: Les Anabaptistes. Brandt: La Nef des fous. Goethe: Götz von Berlichingen. Général Foy: Histoire de la guerre de la Péninsule (sur la campagne d'Espagne de 1813-14). Walter Scott: Guy Mannering.

LENIENT, Charles, Félix (4 nov.1826-2 août 1908): Agrégé des Lettres (1850). Docteur ès-Lettres (1855). Professeur de 3e, puis de 2nde au Lycée de Montpellier (1850). Professeur adjoint de Rhétorique au Lycée Napoléon (1854). Professeur de Rhétorique au même Lycée (1857). Chargé des conférences de langue et Littérature françaises à l'ÉNS (1865). Suppléant de Saint-Marc-Girardin à la Faculté des Lettres de Paris (1868-72). Études sur Bayle, thèse de doctorat (1855). La satire en France, ou la Littérature militante au XVIe siècle (1866).

LÉTENDARD: Professeur de latin et de grec en classe de Rhétorique pour le jeune Michelet (1815). De sensibilité politique proche de l'Ancien Régime.

LORAIN, Paul (1799-1861): Normalien. Professeur à Louis-le-Grand de 1828 à 1836. Proviseur de Saint-Louis, à compter de 1837.

LUCE de LANCIVAL, Jean, Charles, Julien (28 avril 1764-17 août 1810): Étudiant en médecine. 3e année de théologie (1785-88). Lauréat du Concours général. Agrégé de belles Lettres (1786). Professeur de Rhétorique au Collège de Navarre (1786). Ordonné prêtre et grand vicaire de l'évêque de Lescar (1787). Quitte l'habit ecclésiastique et passe à la Révolution (1790). Professeur au Lycée de Paris et au Prytanée (1799-1808). Nommé par Napoléon Professeur de Rhétorique au Lycée impérial, en raison de son oeuvre littéraire (tragédies), avec pension de 6000 francs et chaire de poésie latine à la Faculté des Lettres de Paris (1809). Professeur de Rhétorique du jeune Villemain. Mutius Scevola (1793). Hormidas (1794). Périandre (1798), etc.

MANUEL DES ASPIRANS AU BACCALAURÉAT ès-LETTRES, édition 1836, Hachette: Auteurs grecs et latins; Rhétorique, 59 p.; Histoire, 239 p.; Géographie, 89 p.; Philosophie, 200 p.; Mathématiques élémentaires, 67 p.; Physique élémentaire, 64 p. Charma, y traite particulièrement les questions de philosophie.

MARRAST, Armand: Surveillant des études à l'École Normale, en 1825-26; a assuré l'interim des cours d'histoire et de philosophie avant l'arrivée de Michelet en février 1827; a chanté pour les élèves les chansons de Béranger, en s'accompagnant sur une guitare.

MÉLOT: Libraire de Besançon, à Paris avec la Révolution et -- depuis 1818 -- maître de pension. Les participes français dévoilés en quelques minutes (1815); Orthographe et vocabulaire de tous les principaux homonymes, opuscule destiné aux maisons d'éducation (1818).

MONTBEL: Remplaçant de Vatimesnil, en août 1829, à l'Instruction publique. Crée à l'École préparatoire [Normale] une conférence de français et une autre conférence de grammaire comparée, tandis que la chaire de philosophie est démembrée par séparation de la philosophie proprement dite et de l'histoire; cette dernière incluant l'archéologie et la géographie.

NICOLLE, Abbé: Directeur du Collège de Sainte-Barbe, admis au nouveau Conseil Royal de l'Instruction publique; recteur de l'Académie depuis le 27 février 1821.

NICOLLE, Henri: Frère du précédent, premier éditeur, au format in-12, de Corinne, ou l'Italie, de Mme de Staël, et successeur de l'Abbé à la tête du Collège dès 1821. A publié également: Byron, Dante et le Faust de Goethe, avec des gravures d'Ary Scheffer.

PATIN, Henri, Joseph, Guillaume (21 août 1793-19 fév. 1876): Docteur ès Lettres (1814). Agrégé de grammaire (1814). Chargé de Rhétorique au Lycée de Gand (1813). Régent de Rhétorique au Collège de Meaux (1813-14). Agrégé au Collège Bourbon (1814-15). Maître de conférences de 2e année à l'E.N.S. (1815-22). Professeur adjoint de Rhétorique au Collège Henri IV (1819-30). Maître de conférences à l'ÉNS (1830-33). Professeur suppléant d'éloquence française à la Faculté des Lettres de Paris (1832). Doyen de la Faculté des Lettres de Paris (1865). De l'emploi des harangues chez les historiens, thèse de doctorat (1814). Mélanges de Littérature ancienne et moderne (1840). Nombreux discours et éloges académiques.

PERROT, Georges (12 nov. 1832-30 juin 1914): Agrégé des Lettres (1859). Docteur ès-Lettres (1867). Suppléant de Rhétorique au Lycée d'Orléans (1859), puis au Lycée de Versailles (1862). Suppléant de la conférence de langue et Littérature latines à l'ÉNS (1869). Professeur de Rhétorique au Lycée Louis-le-Grand (1870). Histoire de l'Art dans l'Antiquité (1882-1914, 10 vol.).

PETIT de JULLEVILLE, Louis, Eugène, Casimir (18 juillet 1841-25 août 1900): Agrégé des Lettres (1863). Docteur ès-Lettres (1868). Professeur de Rhétorique au Lycée de Saint-Étienne (1863-64); puis de Caen (1867), au Collège Stanislas (1868). Professeur suppléant à la Faculté des Lettres de Nancy (1872). Professeur de Littérature française à la Faculté des Lettres de Dijon (1876). Maître de conférences à l'ÉNS (1879-82). Suppléant de Lenient à la Faculté des Lettres de Paris (1882-86). Professeur de langue et Littérature françaises du Moyen Age (1889). Maître de conférences à l'ÉNS de Sèvres (1885). Histoire de la Littérature française des origines à nos jours (1899).

RAGON: Historien -- au Collège Bourbon [actuel Lycée Condorcet] -- auteur d'un Abrégé de l'histoire générale des Temps modernes (4 vol.), rédacteur occasionnel du J.L.F.

RHÉTORIQUE ET HISTOIRE (Interférences): Michelet, en 1825, rêve un cours "dans lequel on résumerait toute l'histoire en faisant l'histoire littéraire de l'Esprit humain. La Littérature y serait considérée comme une expression des moeurs. Ce serait un point de réunion auquel on ferait sentir aux élèves que tout ce qu'ils ont appris jusque là est une même science". Il faut attendre 1904 pour que l'histoire littéraire supplante dans les classes l'enseignement de la Rhétorique.

RHÉTORIQUE: Michelet envisage une synthèse de la nouvelle spiritualité -- à la Cousin -- et de l'ancienne Rhétorique, en une vision historique qui engloberait le problème des signes, de la langue et de la production lettrée.

RHÉTORIQUE ET RÉGLEMENTS OFFICIELS: Eugène Magné, La Rhétorique au XIXe siècle, Paris, 1838, Préface p. 5: Dans le Journal de l'instruction publique on disait, en 1836, que la Rhétorique, sans la protection officielle des réglements universitaires, serait aujourd'hui morte en France. Cité par Chaïm Perelman, Rhétoriques, p.p. Michel Meyer, Éditions de l'Université de Bruxelles, 1989, p. 104.

RINN: Latiniste, collègue de Michelet à Sainte-Barbe, et futur Proviseur de Louis-le-Grand.

ROLLIN: Michelet vend son Rollin, pendant l'année scolaire 1822-23, preuve qu'il ne lui est plus d'aucune utilité. Il le remplace par Mitford, Anquetil, Millot, Sismondi, Lacretelle, Hallam, Coxe, Heeren (idée de "système d'équilibre européen"), Daru, Robertson, Sallaberry, Watson, tous auteurs d'Histoire de...

ROYER-COLLARD, Pierre, Paul (21 juin 1763-4 sept. 1845): En charge de l'Université depuis 1814. Avocat janséniste avant 1789, royaliste constitutionnel et agent de Louis XVIII avant 1799. Étudie la philosophie écossaise sous l'Empire. Pastoret lui offre sa succession comme Professeur d'histoire de la philosophie à la Faculté des Lettres de Paris (1810-14); met fin à la suprématie philosophique de l'idéologie, dans la chaire d'Histoire de la Philosophie de la Sorbonne. Directeur de la librairie, conseiller d'État et Doyen de la Faculté des Lettres de Paris lors de la première Restauration.

SAINT-MARC-GIRARDIN (22 février 1801-11 avril 1873): Licencié ès-Lettres et en droit. agrégé des classes supérieures (1823). Chargé de 2nde au Collège Louis-le-Grand (1826). Chargé de Rhétorique (1828). Professeur suppléant à la Faculté des Lettres de Paris (11830). Professeur de poésie française (1833). En congé, suppléé par Lenient (1868-). Rédacteur au Journal des Débats depuis 1827. Éloge de Lesage (1822). Éloge de Bossuet (1827). Tableau de la Littérature française au XVIe siècle (1828). Cours de Littérature dramatique (1833-48), etc.

SAINT-RENÉ TAILLANDIER, René, Gaspard, Ernest (16 déc. 1817-23 fév. 1879): Docteur ès-Lettres (1843) et Agrégé des Lettres en 1844, après un séjour de deux ans (1840-41) à Heidelberg. Professeur suppléant de Littérature française à la Faculté des Lettres de Strasbourg (1841). Chargé de cours de littérature française à la Faculté des Lettres de Montpellier (1843). Suppléant de poésie française à la Faculté des Lettres de Paris (1863). Professeur d'éloquence française (1868). Secrétaire général du ministère de l'Instruction publique (1870). Professeur d'éloquence française à la Faculté des Lettres de Paris (1872). Décédé en fonctions. Scot Érigène, thèse de doctorat (1843). Tchèques et Magyars (1869), etc.

THÉRY: Condisciple de Michelet à Charlemagne; reçu premier à Normale en 1816, et titulaire de la chaire de Rhétorique à Versailles. Obtient, en juillet 1821, le prix annuel d'éloquence de l'Académie, pour un discours sur le Génie poétique.

TOUSSENEL, Théodore (1806-1885) : Littérateur et germaniste, secrétaire de Michelet à partir de 1829, pour ses dépouillements et ses lectures en allemand. Auteur de l'Histoire de l'Europe de 1270 à 1660 (1881).

VILLEHARDOUIN: Premier volume de la collection des documents historiques de Petitot, publié en mars 1826.

VILLEMAIN, Pierre, Abel, François (9 juin 1790-8 mai 1870): Docteur ès-Lettres par Décret Professeur de français en classe de Rhétorique pour le jeune Michelet (1815), remplacé en cours d'année par Le Clerc, à la suite de sa nomination à la Sorbonne, comme remplaçant de Guizot. Pur produit de Louis-le-Grand, Villemain joue Sophocle en grec dès l'âge de douze ans. Son professeur de Rhétorique -- Luce de Lancival -- n'hésite pas à se faire seconder par lui lorsqu'il en est besoin. Étudiant en droit, Villemain est très apprécié dans le monde des Doctrinaires. Polygraphe humaniste, il occupe -- grâce à Fontanes -- la chaire de Rhétorique au Lycée Charlemagne dès l'âge de vingt ans. Il obtient rapidement en Sorbonne la chaire d'éloquence française qui lui convient mieux que celle d'histoire. De sensibilité politique apparentée aux doctrinaires. Chef de la division de la librairie et de l'imprimerie sous Decazes (jusqu'en février 1820), élu à l'Académie au fauteuil de Fontanes, mais exclu du Conseil d'État, Villemain est ministre de Louis-Philippe, Vice-président permanent du Conseil royal de l'Instruction publique. Il est l'auteur remarqué de la Préface à la sixième édition (1835) du Dictionnaire de l'Académie française. Éloge de Montaigne (1812). Éloge de Montesquieu (1816). Discours et mélanges littéraires (1823). Cours de Littérature française (1828). Mélanges philosophiques et littéraires (1829, 3 vol.). Discours académiques et parlementaires.