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W. La langue françoise n'admet point de double w : prononcez v. (VOLTAIRE.) BOISTE. Et plus bas :

Wisk. Sorte de jeu : prononcez ouisk.

Wiski. Sorte de voiture légère et élevée : prononcez ouiski.

Il faut être conséquent.

Voltaire dit textuellement que la langue françoise n'admet point de double w. Il falloit dire de w, ou de double v, car un double w vaudroit quatre v ou deux w. Ce qu'il pouvoit dire, c'est que le w ne vaut pas ou dans notre prononciation, et il falloit supposer les exceptions possibles.

Mais que penser d'un système d'orthographe dans lequel on admet la figure des articulations qu'on n'a pas, et duquel on repousse la figure des articulations que l'on a ? Que penser d'une langue que l'on enrichit fièrement d'une lettre nouvelle, en lui annonçant au nom infaillible de M. de Voltaire que cette lettre est inutile, car elle ne se prononce pas ? Que penser d'une nation très-littéraire qui a refusé du plus savant de ses rois, des lettres empruntées aux Grecs, et propres à représenter étymologiquement une foule de nuances perdues de notre beau langage, et qui a inscrit ce double W si barbare dans les monuments de la littérature, pour exprimer l'initiale équivoque de ces mots essentiels, wisk et wiski ? Il est vrai que nous peignons par des caractères menteurs, jusqu'à l'absurdité, l'initiale du nom de la chimie, de la physique, de la philosophie, de la théologie; mais il nous reste wisk et wiski, tout seuls, à la vérité, sans en être moins dignes de l'innovation qui les a consacrés. Un des vingt-cinq éléments de la langue écrite leur appartient par l'autorité des Dictionnaires.

WURST. Sorte de caisson pour les chirurgiens de l'ambulance. BOISTE. Grécourt écrivoit ce mot Vourst, Jamet le jeune l'écrivoit Vourscht, et avant la nouvelle définition que lui attribue notre lexicographe, il n'avoit jamais signifié que train de chasse. Encore n'étoit-ce pas en françois.