13.2. Les développements de la lexicographie française

Concernant justement la lexicographie, il y a plus de cinquante ans désormais, Armand Weil, héritier de cette conception restrictive de la linguistique, notait déjà : " La date des mots et de leur premier emploi dans la langue n'est pas la partie la moins intéressante [des révisions du Dictionnaire Étymologique d'Albert Dauzat]. Mais malgré tant de précisions nouvelles, est-il besoin de dire le caractère provisoire que laisse à des enquêtes de ce genre, avec l'insuffisance des dépouillements de nos textes modernes, l'absence d'un classement méthodique des dictionnaires à consulter? "(310). Depuis cette époque, les rigoureux travaux de Bernard Quemada(311) prenant l'initiative double de constituer une véritable métalexicographie historique et d'accompagner celle-ci d'une historiographie métalexicographique, ont beaucoup contribué à combler la lacune, tout au moins pour la période s'étendant jusqu'aux grandes machines de Littré et de Larousse. Relayés par les recherches d'Alain Rey sur Littré(312) et André Rétif sur Larousse(313), les éclairages de cette métalexicographie ont permis de mieux comprendre les mouvements sociaux de la langue au moment où celle-ci -- fixée par des usages -- se fige en paradigmes lexicaux. La collection des Mots et Dictionnaires [1798-1878](314), publiée à Besançon sous la responsabilité de René Journet, Jacques Petit et Guy Robert, à laquelle faisait pendant la série des Datations et documents lexicographiques, Matériaux pour servir à l'histoire du vocabulaire français(315), ces deux entreprises -- avec des moyens et des objectifs singuliers différents -- avaient immédiatement pris en charge et actualisé les nécessités de cette épistémologie renouvelée de la recherche en lexicographie. Et l'articulation même de cette discipline avec la lexicologie proprement dite avait été révisée et soigneusement étalonnée grâce aux publications complémentaires dans leurs différences et divergences de Georges Matoré(316) et de Robert-Léon Wagner(317). Il y a peu encore, différentes revues spécialisées ont publié sur le domaine du XIXe siècle des contributions fort intéressantes(318), tandis que la parution des actes du colloque interdisciplinaire tenu à Lille en 1991 a pu donner l'occasion de confronter globalement les relations du dictionnaire à la littérature(319). On voit ainsi se dessiner une convergence d'intérêts et de moyens d'étude qui ne peut que bénéficier à l'étude des procédures lexicographiques propres au XIXe siècle , étant entendu que ce siècle s'est aussi acheminé vers la linguistique par le moyen d'une lexicographie s'incorporant les acquis de la toute neuve sémantique.

Dans une telle période de turbulences et de révisions des valeurs, même si le fonds de l'entreprise lexicographique demeure profondément conservateur, les mots de la langue sont soumis par elle à des réajustements, des sériations, des filtrages, des extensions et restrictions qui, au regard de l'usage social, et malgré les retards inéluctables de leur enregistrement, définissent l'étiologie du corps lexical et la posologie des emplois individuels. De fait, l'ère qui s'ouvre avec le Consulat et l'Empire, et qui s'achève, peu ou prou avec la dénonciation du Concordat de l'église et de l'État, voit se produire un formidable bouleversement des mentalités qui, sous l'influence des mots d'ordre de l'époque: Philanthropie, Instruction, Bourgeoisie, Industrie, Droit, Économie, Faute, Profit, Valeur, National, transforment radicalement le rapport des locuteurs français à la langue française. Emblème idéologique, le signe lexical ne vaut alors que comme mot d'ordre du jour, flottant aux vents divers de l'histoire porteurs de toutes les hypocrisies sociales, et déjà disloqué dans ce que les linguistes vont apprendre à distinguer comme signifiant, gonflé de verbiage, et comme signifié, vidé par l'usage. Et la représentation de ce signe dans le dictionnaire peut éclairer certains aspects du passage dans la France du XIXe siècle de la grammaire à la linguistique.

Bernard Quemada, pour la période 1798-1863, a recensé la publication de 1085 dictionnaires divers(320). Le chiffre est déjà, en soi, révélateur de cet engouement pour le genre dictionnairique. Le terme même de Dictionnaire s'infâtue alors d'une valeur symbolique: métaphore de toute richesse comptabilisée, métonymie de tout savoir maîtrisé, synecdoque par excellence du canton le mieux exploré des connaissance de la vie quotidienne, il peut s'appliquer indifféremment aux "Productions de la nature"(321), à la "médecine dogmatique"(322), au "notariat"(323), à "la pénalité"(324), aux "jeux de société"(325), à la "pêche fluviale"(326), voire à l'"hippiatrique et l'équitation"(327). Sur le modèle de la grammaire et de Girault-Duvivier, qu'il intègre pour des motifs évidents de réussite commerciale(328), Napoléon Landais, en 1834, va jusqu'à employer ce terme en collocation avec lui-même, dans une construction adnominale qui rend superlative l'excellence de l'objet et fait oublier que le propos du lexicographe n'est que d'être une gigantesque et cumulative compilation illusoire: Dictionnaire Général Grammatical des Dictionnaires Français. Mais ce chiffre devient encore plus intéressant si l'on considère que près d'un tiers de ces ouvrages, soit 367, représente des dictionnaires spécifiques de langue. Une telle proportion fournit environ huit publications par an, compte non tenu des rééditions d'ouvrages déjà connus, et des "Compléments" ou "Suppléments" auxquels ils sont soumis. Elle se constitue sous la forme variée de Lexiques, Glossaires , Abrégés, Encyclopédies ou Nomenclatures, Vocabulaires Recueils, voire de Liste alphabétique (329), quand ce ne sont pas des Clefs (330), tous parasynonymes du terme générique, qui, à l'aide de prédicats spécifiques en affichent diversement les complexes modalités qualitatives. "Classique"(331) désigne l'horizon de rétrospection axiologique. "Nouveau" ou "Moderne" indiquent le souci de contemporanéité et de progrès. "Petit" ou "portatif"(332), si ce n'est "de poche"(333) insistent sur la maniabilité d'un objet utilisable en toutes circonstances de la vie courante: sur le comptoir, en voyage, dans sa bibliothèque. "Extrait"(334) rappelle simultanément l'extension du stock lexical français, la présence d'un modèle lexicographique toujours antérieur et les procédures politiques ou technologiques de sélection par lesquelles il convient de réguler cet ensemble. "Raisonné" ou "Méthodique"(335) avancent la sauvegarde de l'intelligence logique comme principe de sélection et de classement des sens. "Grand"(336) clame le dessein publicitaire et mercantile des auteurs. "Général"(337) définit l'ambitus du public visé par l'ouvrage, tandis que "National"(338) inscrit au coeur du dictionnaire la réflexion spéculaire d'une idéologie de la langue et du Pays. "Universel"(339) enferme dans les rubriques et les colonnes de l'objet tout le savoir théorique et pratique que les mots donnent des choses. "Complet"(340) ,enfin, exhibe l'illusion de l'exhaustivité parfaite.

Parallèlement à ces caractérisations prédicatives, une telle production fait apparaître en ses titres la constitution particulière de l'objet linguistique décrit par l'ouvrage, et le dessein de son auteur. "Critique"(341) renoue avec la tradition brillamment illustrée par Féraud et ses contemporains, lesquels ne dédaignaient pas de consigner dans leurs notices l'irruption de l'humeur et du jugement personnel. "Étymologique"(342) réactive l'illusion selon laquelle un terme saisi plus près de son origine est porteur d'un sens plus vrai. "Grammatical"(343) marque les inter-relations étroites et la dépendance réciproque des modèles de la grammaire et du dictionnaire en une période de sélection et de hiérarchisation généralisées des registres d'expression, accrues d'ailleurs par l'impératif orthographique(344). "Poétique"(345) rappelle la part essentielle dévolue à l'écriture la plus formellement codifiée de toute la littérature. Quand, avec Duckett(346), le genre s'annexe tous les territoires de la discursivité sociale auxquels la langue donne accès, l'entreprise dictionnairique de ce début du XIXe siècle , gargantuesque et tentaculaire, éprouve l'orgasme génésique causé par cette frénésie de connaissance verbale, qui précipite la doxa vulgaire dans l'éréthisme et rend d'avance caduque toute épistémè. La langue comme objet, son usage comme norme, ses emplois comme exemples, et la littérature comme produit idéal-type, sous l'influence conjointe de la science descriptive et du Romantisme, qui, ne l'oublions pas, renferme en son centre une postulation éminente en faveur de la science spéculative(347), tous ces ingrédients d'une philosophie historicisée du langage sont, en quelque sorte, tombés dans le domaine commun. Dans un ouvrage récent, Henri Meschonnic a parfaitement raison de reprendre à Pierre Larousse son expression de "siècle des dictionnaires", et d'affirmer: "La zoologie a été le modèle du savoir de la philologie au XIXe siècle . L'évolutionnisme a accru son emprise jusqu'à la vision organiciste de la vie des mots. Les dictionnaires de l'ancienne langue en étaient la paléontologie. Le paradoxe de ce modèle a été de stimuler la néologie"(348). Et, ajouterai-je, l'activité littéraire a été le lieu de ce passage de la paléontologie linguistique à une philologie scientifique par l'intérêt progressif qu'elle a marqué pour l'ontologie du langage. Il n'est guère de textes de cette période, tant poétique, que romanesque, dramatique ou critique qui ne s'essaie à une définition réflexive de ses instruments verbaux: Hugo, Vigny, Stendhal, Gautier, pour ne citer que les plus grands, manifestent pleinement cette attitude métadiscursive: Préface des Feuilles d'Automne, de Cromwell, Réflexions sur la Vérité dans l'Art, Lettre à Lord***, Racine et Shakespeare, etc. Et une telle modification de l'attitude du sujet face aux discours, que Meschonnic a bien résumée dans le tourniquet vertigineux d'une formule: "On cherche des mots, on trouve le discours; on scrute le discours, on trouve des mots", affecte tout autant les usages littéraires que métalinguistiques: l'esthétique littéraire, comme je l'ai montré ailleurs, se fait essentiellement critique de langue(349); la lexicographie filtre les emplois à l'étamine de l'usage et projette prémonitoirement sa puissance régulatrice sur la littérature.

En tant que sommation des éléments d'un univers inépuisable, démultipliés par les reflets kaléidoscopiques en langue de la synonymie et de l'homonymie, ou les parentèles scabreuses de l'étymologie, le genre "dictionnaire" n'a pas assez de tous ses avatars: dictionnaires de mots, dictionnaires de choses, encyclopédies, dictionnaires de poétique, de rhétorique, dictionnaires grammaticaux, dictionnaires de difficultés, pour affirmer sa suprématie et son emprise sur les activités de parole. A fortiori en français, puisque la littérature française est érigée en parangon de perfection, et que la dite langue parangonne pour l'honnête homme en raison même de cette curieuse inversion de la norme que noue le renversement des formes et des substances du discours: la littérature est parvenue à son acumen idéal grâce au génie de la langue; la langue est devenue un modèle grâce à l'alliance infrangible de l'éthique et de l'esthétique qu'illustrent les oeuvres de la littérature. Un semblable enfermement non dialectique, cadenassé par l'idéologie manichéenne de l'époque, bloque durablement toute tentative critique pour conférer au dictionnaire un véritable statut scientifique, et contraindre la littérature à une référencialité exacte parmi tant de signes susceptibles d'être employés. Impuissance fondamentale de toute langue à triompher du réel trop difficile à maîtriser en dehors d'une théorie et d'une critique de la représentation. Boiste comme Laveaux, ou Bescherelle, par exemple, donnent de longues listes de néologismes :

Abrutisseur; acclamateur; ascendance; athéistique; attrape-parterre; bavardise; brûlable; butorderie; cajolable; christique; débarbariser; décideur; découvreur; défeuillé; définisseur; démêtrer; dénigreur; déprésenter; dépersuader; déséborgner; désinvolte; désorganisateur; détiarer; dévoreur; dissertateur; divorcer; dramaturge(350); éberneur; ébêtir; endolori; entraînement; en finir; inabondance; inabordé; inabstinence; inajournable; inaimable; inamusable; incomplaisance; inconsistance; inconsolé; incueilli(351); infélicité; insocial; interminable; luxurier; mieux-faisant; montrable; musiquer; ostentateur, etc...

Mais ils ne se posent pas la question des raisons qui pourraient justifier cette onomasiologie sauvage, car leur conception du rapport des mots au monde ne leur permet pas d'envisager cette justification. La chose légitime le mot. Théorie inachevée donc... qui voudrait suivre, malgré tout, les accès d'indépendance de la langue, lesquels ne sont au reste que les foucades d'usagers rétifs à la règle, mais dont chaque constituant est naturellement gagé par la citation d'un littérateur! Le néologisme, censuré aux yeux et aux oreilles du public, est paradoxalement mis en vedette par un écrivain luttant contre la prohibition lexicale, le malthusianisme verbal et conceptuel.

Je rappellerai encore ici le cas de l'adjectif existentiel, bien étudié naguère par Jacques Chaurand(352), qui montre parfaitement l'écart existant entre une première occurrence, figurant comme une sorte d'hapax, et sa généralisation dans le vocabulaire philosophique du début du XXe siècle , soixante-quinze ans plus tard, laquelle, en remodèle le concept et lui donne une autre valeur: ce terme semble avoir été employé pour la première fois, en 1831, par l'auteur d'un Essai sur le langage, Antoine Charma(353) qui préfère nommer le verbe être "verbe existentiel" plutôt que "verbe substantif", afin de signifier plus purement l'existence. Mais Charma reconnaît lui-même que son dérive est "barbare" [p.90]. Il faut alors attendre 1907 et L'Évolution créatrice de Bergson pour retrouver une seconde attestation de ce terme. Les lexicographes ne l'avaient pas noté et le Trésor de la Langue Française semble avoir été le premier à le recenser en 1970! Ce néologisme, à l'instar de bien d'autres, a-t-il été occulté dans ce cas par inadvertance, par insuffisance de la notoriété de l'auctoritas, ou par décision relevant d'un jugement esthétique? Il est difficile de le préciser encore aujourd'hui.

La production dictionnairique de cette période consacre une part importante de sa production à des ouvrages qui marquent les frontières du français national, et ses marges, abondamment peuplées de dialectes et de patois. Nous retrouvons ici une problématique désormais familière, et plusieurs fois esquissée dans les pages précédentes. Depuis les trop célèbres Gasconnismes corrigés de Desgrouais 1768, ces témoignages de l'autonomie des parlers régionaux sont passionnément recueillis et scrutés, sous la houlette des Coquebert de Montbret et de quelques autres, par tous les antiquaires et archéologues, réunis en Société depuis 1807. Mais ces lexiques, ces glossaires sont encore -- pour une part importante -- correctifs: ils doivent permettre une meilleure intégration des locuteurs de province au corps national; ils visent, par conséquent, à dénoncer implicitement les fautes commises à l'endroit de la langue. Le statut de ces formes n'est reconnu que comme déviation. Les travaux de Rochegude sur l'occitan 1819, de Roquefort sur la langue romane 1808 et 1820, de Champollion-Figeac sur les patois de l'Isère 1809 ne suscitent pas encore la création littéraire contemporaine; tout au plus, sont-ils bons à ranimer passagèrement et superficiellement l'antique poésie des Troubadours que le goût de l'époque remet à la mode. Il faudra encore attendre plusieurs années pour que George Sand utilise les recherches du Comte Jaubert 1838 sur le Berry, et plus encore pour que Barbey d'Aurevilly fasse des normandismes dont il revêt son Ensorcelée un signe de revendication politique... de la langue!(354). Dans ce premier tiers du siècle, le purisme central de Paris continue à exercer son emprise. Et tout ce qui s'en écarte est réputé "vicieux". Il n'est pas question d'envisager encore ce que ces documents pourraient apporter à une compréhension analytique des mécanismes de la lexicologie.

Dans ces conditions, le français populaire, qui est bien souvent d'origine régionale et qui confond les limites du dialecte et de l'idiolecte, devait plus difficilement encore trouver ses garants littéraires, quoique d'Hautel, Desgranges, Vanier ou Platt se fussent attentivement intéressés à lui. Tous les dictionnaires correctifs ont le plus grand mal à tracer une frontière stable entre solécismes, barbarismes, incorrections, particularismes lexicaux et déviation sociale(355). La norme du vocabulaire s'élabore à partir de la conscience des propriétés sociales. "Apoco", terme désignant un homme sans valeur, bien utilisé au début du XIXe siècle , à la suite de Collé(356), n'est recensé que par l'entreprise tardive de Littré. La liaison étroite du lexique et de la syntaxe fait l'objet de remarques dans les dictionnaires qui norment ainsi ce que nous nommons "niveaux de langue", et que les contemporains de Vidocq nomment le "boniment". Les usages barbares du nom comme adjectif, et singulièrement la mode de Nature en cette fonction, sont stigmatisés par Platt : " Nature, Connaissez-vous rien de plus nature que cela? Cette manière de parler est maintenant à la mode. On ne doit cependant pas s'attendre à en trouver des exemples dans nos bons auteurs. La mode partout, mais particulièrement en fait de langage, n'est qu'une absurdité et n'influence que les sots. Nous croyons qu'il serait fort difficile aux gens qui emploient nature comme adjectif, à la place de naturel, de nous démontrer les avantages que le style peut retirer de cette transposition de mots"(357)

Tout se passe donc comme si le mot, sous réserve d'être reconnu par l'usage littéraire, avait naturellement droit d'être cité dans le dictionnaire; mais, a contrario, le mot attesté par des emplois littéraires, s'il n'entre pas de fait dans les catégories définies par les marqueurs d'usage du lexicographe, se trouve frappé de censure et rejeté définitivement du réseau et des listes. L'extension progressive des nomenclatures, si caractéristique de cette période(358) ne saurait jouer efficacement contre cette tendance, et ne parvient pas à rendre compte des transformations non seulement du lexique commun, mais aussi du lexique de la théorie littéraire. Le temps et la place me manquent ici pour illustrer les divers aspects de cette limitation, mais on peut cependant assurer que le lexicographe français de la première moitié du XIXe siècle ne cesse d'avoir un oeil en arrière lors même qu'il observe le présent et tente de contenir les décadences supputées de l'avenir. En promouvant la valeur des usages du passé, il ne peut s'arracher au regret stérile d'une causalité non découverte, puisqu'il n'est pas seulement conscient de la circularité sans issue dans laquelle il s'est enfermé.

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Notes

310. Armand Weil, " A propos d'un récent Dictionnaire. Notes sur le vocabulaire du XIXe siècle ", in Le Français moderne, 12e année, Janvier-Avril 1945, n 1, p. 109.

311. B. Quemada, Les Dictionnaires du français moderne (1539-1863). Étude sur leur histoire, leurs types et leurs méthodes, Paris, Didier, 1968.

312. Alain Rey, Littré, l'humaniste et les mots, Paris, NRF Gallimard, 1970

313. André Rétif, Pierre Larousse, 1817-1875, et son oeuvre, Paris, Larousse, 1975. Pour mieux comprendre les implications du social dans la pratique lexicographique, il conviendrait d'ajouter à la précédente référence le volume tout récent publié sous la direction de Jean-Yves Mollier et Pascal Orry, Pierre Larousse en son temps, Paris, Larousse, 1995.

314. R. Journet, J. Petit, G. Robert, Mots et Dictionnaires (1798-1878), Annales Littéraires de l'Université de Besançon, diffusion Les Belles Lettres, Paris, 11 volumes, 1966-1978.

315. Datations et Documents Lexicographiques, publiés sous la direction de B. Quemada, Matériaux pour l'histoire du vocabulaire français, CNRS, Klincksieck, Paris, 1960 et suivantes. 48 volumes publiés à ce jour.

316. Depuis sa thèse sur Le Vocabulaire et la société sous Louis-Philippe, Genève, Droz, et Lille, Giard, 1951, en passant par La Méthode en Lexicologie, Paris, Didier, 1953, et Histoire des dictionnaires français, Paris, Larousse, 1968.

317. Notamment Les Vocabulaires français, I. Définitions, II. Les Dictionnaires, Paris, Didier, Coll. " Orientations ",1967-1970, et l'article des Cahiers de Lexicologie, XXVII, 1975-2, pp. 81-104, " A propos des dictionnaires ", réédité dans R.-L. Wagner, Essais de linguistique française, Paris, Nathan Université, 1980, pp. 123-144.

318. Il faut signaler à cet égard les publications suivantes : Travaux de Linguistique et de Philologie, XXVI, Strasbourg-Nancy, Paris, Klincksieck, 1988, Actes du Colloque de Lexicographie historique de Düsseldorf [23-26 septembre 1986]; Lexique, 9, Presses Universitaires de Lille, 1990, sous la responsabilité de Michel Glatigny, Les marques d'usage dans les dictionnaires; collection Langues et Langage du Centre Dumarsais de l'Université de Provence, n 3, 1993, dirigé par Daniel Baggioni, Encyclopédies et dictionnaires français; problèmes de normes et de nomenclature; enfin, Langue française, 106, mai 1995, Paris, Larousse, coordonné par Alyse Lehmann, L'exemple dans le dictionnaire de langue. Histoire, typologie, problématique.

319. Lexique 12/13, Presses Universitaires du Septentrion, 1995, Dictionnaires et littérature, Littérature et dictionnaires, p. p. P. Corbin et J.-P. Guillerm.

320. Voir: Les Dictionnaires du Français moderne 1539-1863: 596-625.

321. Magnien et Deu, Paris, 1809.

322. Marchant, Paris, 1816.

323112. Anonyme, Paris, 1821.

324. Saint-Edme, Paris, 1824.,

325. Cousin d'Avallon, Paris, 1826.

326. Baudrillard, Paris, 1829.,

327. Cardini, Paris, 1845.

328. Grammaire des grammaires, 1ère édition, Paris 1812.

329. Le Mière de Corvey, Rennes, Paris, 1824.

330. Fontanier, Paris, 1825.

331. Le P. Loriquet, Lyon, 1825, ou Rondonneau, Paris, 1821.

332. Barberi, Paris, 1821; Letellier, Paris, 1814.

333. Anonyme, Paris, 1830.

334. Legonidec, Paris, 1823; Richard des Vosges, Paris, 1824.

335. Régnier, Marseille, 1829; Jourdan, Paris, 1834.

336. Alberti de Villeneuve, Bassano, 1811.

337. Landais, Paris, 1834.

338. Bescherelle, Paris, 1843.

339. Boiste, Paris 1800-29; Verger, Paris, 1822.

340. Mozin, Stuttgart, 1811.

341. Platt, Paris, 1835.

342. Latouche, Paris, 1830; Noël et Carpentier, Paris, 1831; Eichhoff, Paris, 1840.

343. Laveaux

344. Godefroy, Metz, 1827.

345. Planche, Paris, 1819; Carpentier, Paris, 1822.

346. Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture, Paris, 1832.

347. On se reportera ici aux travaux de G.Gusdorf, notamment: Fondements du Savoir Romantique, 1982: 233.

348. Voir: Des Mots et des Mondes, Dictionnaires, Encyclopédies, Grammaires, nomenclatures, Hatier, 1991: 148.

349. Voir: "Lorsqu'une critique en cache une autre: Langue, Littérature et Société d'après le Journal Grammatical", 1985: 416-17.

350. Mot inventé par ceux qui n'aiment pas les drames pour déprécier ceux qui en font", dit plaisamment Laveaux, sans -vraisemblablement- se douter de la profondeur de sa remarque.

351. Dont se gausse Baour-Lormian, en 1827, dans Le Classique et le Romantique: "Assis près d'une lampe aux débiles clartés / Dans vos doctes patrons, tour à tour feuilletés, / Vous cherchez quelques traits, quelques formes vieillies; / nous briguons seulement des palmes incueillies". 1825:17.

352. Voir son article: "De l'essai d'un mot à sa consécration: l'adjectif existentiel, 1831"

353. Il s'agit d'une thèse soutenue à Caen. On notera, incidemment, que Charma, au même titre que Julien Travers, évoqué ici par Annie Becq, faisait partie du cercle de familiers normands que connaissait bien Barbey d'Aurevilly, lequel écrivait de lui: "M.Charma est bien au-dessus de sa propre philosophie par la seule force de son esprit. Un jour peut-être, cette philosophie, la mettra-t-il à ses pieds... et je l'espère" lettre à Trebutien du 28 février 1857, in Correspondance générale, p.p. Jacques Petit et alii, Belles Lettres, 1986, t.VI, p.19; on connaît le mépris de l'écrivain pour la philosophie! Charma fut l'auteur, en 1835, d'un Manuel des aspirants au baccalauréat ès-lettres, publié par Hachette, et professa, en 1857-58, un cours d'esthétique à l'Université de Caen.

354. Sur ces différents points, voir successivement: J.-Ph. Saint-Gérand 1991: 701-713, 1988a: 91-105, 1988b: 25-32, articles dans lesquels je tente de mettre en relation l'activité de création littéraire et la définition d'une langue nationale, déclinée en paradigmes par les dictionnaires, qui se trouve en butte aux revendications d'auteurs ressentant le besoin d'élargir leur palette lexicale.

355. Comme le souligne d'ailleurs Jean-Paul Colin dans son article de l'Encyclopédie Internationale de Lexicographie: "Les dictionnaires de difficultés", p.p. F.J. Hausmann et alii, Walter de Gruyter, 1990, New York, Berlin, tome premier, pp.1210-1217. .

356. La Vérité dans le vin, 1768.

357.Dictionnaire du Langage vicieux: 1835, 260.

358. De la première à la quatrième édition du Dictionnaire de Boiste, soit en un peu plus de vingt ans, la nomenclature fait presque doubler, passant de 34800 à près de 63600 entrées.